Et c'est parti pour le chaud du show !
COULISSES-TELEVISION Chaud, chaud bouillant ! Oh oui, chaud ! Tel a été le débat succulent auquel nous avons assisté chez France Ô, à l’émission « Toutes les Frances ». Ici les studios du « Grand journal » du Canal + côtoient ceux de France Ô, et plusieurs autres que nous n’avons pas eu l’occasion de visiter.
10h, nous débarquons avec quelques minutes de retard (comme à notre habitude). Le débat n’est que dans une trentaine de minutes. Le studio est petit (par rapport à ses voisins), le fond est blanc et les sièges futuristes sont lumineux. Dans « la loge maquillage », on retrouve Yassine Bellatar. Il sera dans quelques minutes face au « raciste » comme il le définit, Eric Zemmour. Vous savez le journaliste très sérieux, d’une intelligence suprême qui officie chez Ruquier, sur France 2. Ce dernier n’est pas encore arrivé, c’est ça la célébrité ! Bellatar est tendu mais « prêt ».
10h20. Oui, c’est dans dix minutes que le tournage débute. Oui, les caméras se mettront à tourner dans quelques instants. Et, miracle du ciel, Eric Zemmour apparaît dans les loges étroites ! Dès cette entrée fracassante, sa boite à parlotte se met en marche automatiquement, allant même jusqu'à raconter, à qui veut l’entendre, qu’il connaissait les lieux et qu’il était déjà venu sur ce plateau, lui, cet habitué des shows TV. Puis, on ne s’en lasse pas, il raconta comment il a du travailler dur, perdant ces deux longs mois de canicules de l’été 76, pour préparer son entrée à SciencesPo. Précisant tout de même, qu’il entra dans cette prestigieuse école avec « d’excellentes notes, surtout en histoire ». Attendez, ce n’est pas tout, il nous apprit même, que le sujet en 76, sur lequel il était « particulièrement passionné », c’était l’Italie de Mussolini. Il fallu attendre une intervention de l’animateur de l’émission rappelant au bachelier de 1976, que l’émission devrait commencé et, à notre plus grand dépit, qu’il fallait fermer son clapet. Yassine, invincible, tente de rester fidèle à lui-même, n’accordant aucun regard à son contradicteur.
10h35. Générique de début, c’est parti pour le show ! Ahmed El Keiy est le présentateur de l’émission, il se métamorphose souvent en arbitre. Il sera question d’ « intégration », ce mot ringard qui colle toujours aux bouches de certains politiques. Nous parlerons de « communautarisme », ce terme qui définirait la réalité de vie dans les quartiers populaires, et même de « tributarisme », un nouveau mot inventé qui définirait aussi (encore ?) à un supposé « repli sur soi » des communautés. Hormis ce sujet épineux, ce fut bien sûr les personnalités présentes à ce débat qui étaient attendus. Le livre de Zemmour présenté, (« Petit Frère », sans faire de publicité !) qui s’inspire de l’assassinat de Dj Lancey tire des analyses loin de la réalité, le débat est lancé ! Zemmour monopolise la parole, Bellatar contredit fort ! La médiocrité du discours du « journaliste people » pointe une chose, que nous jeunes de banlieues, qui sommes soucieux d’être reconnus comme une partie prenante de la nation, n’avons jamais contasté chez nous : un soi-disant rejet de notre identité. Nous suivons le tout d’une chaise installée hors champs caméra !
11h40. Le débat est fini, les lumières sont éteintes, les caméras rangées et les « tu bouffes où ? » d’actualité. Mais chose miraculeuse, la discussion et l’échange continue dans les loges. Mais là, on sourit plus ! C’est plus cool ! Pour la première fois de la matinée nous tentons de nous adresser à Eric Zemmour, mais l’homme pressé a « du boulot et n’a pas que ça à faire ! ». C’est plutôt que l’échange avec les principaux intéressés ne le tente pas et que le tournage d’un autre show TV est sûrement dans quelques minutes ! Et oui, nous tentons toujours, aujourd'hui encore, de le joindre au Figaro, mais l’homme est sur messagerie ! C’est reparti pour lui, « Prenez, moteur, action ! ».
Badroudine Said Abdallah et Mehdi Meklat