Salon du livre 2008, le boycottage inattendu !

Publié le par Mehdi MEKLAT et Badroudine SAID ABDALLAH

SALON DU LIVRE Oui, il y a la politique et ses municipales. Mais ce week-end, il y aussi la culture, son « Salon du livre »… et son boycott. « Sar-ko, co-lla-bo ! », des slogans décomposés par des manifestants qui donnent de la voix. Devant le « Parc des expositions de Paris », une partie du public condamnent le « Salon du livre 2008 », l’autre, plus influente, s’y rend ! Alors il faut choisir entre le froid, la manifestation, la lutte, les injures des passants ou la littérature, les lettres, les dédicaces d’auteurs mais la queue interminable avant d’y pénétrer. Nous avons opté pour les deux et enquêté sur les causes et avis du boycottage au très attendu salon annuel.

 

Sous les fines gouttes de pluies et les nuages menaçants, c’est pourtant une grande fête culturelle. Affirmation démentie quelques secondes plus tard, « Ce n’est plus une action culturelle mais politique ! » s’agace une dès courageuse militante présente « depuis le matin même ». Les photographes aussi sont là ! Ça crépite dare-dare. Les défendeurs de la cause palestinienne ne comprennent pas que Israël, « pays illégal », soit l’invité principal du salon. « Un pays qui n’a aucune culture » précise autre une voix. Beaucoup de klaxons se font entendre. Klaxon de soutien, klaxon d’agacement ? Beaucoup d’injures des passants, des rires moqueurs. « Arrêtez de rire Madame, bientôt vous verrez, vous rirez jaune ! » avertit  une des boycotteuse. Oui, le président israélien est venu, il y a deux jours, et alors il est au courant du mouvement ?  « Ils nous on tous agresser, on a pas pu parler librement » s’indigne une jeune femme présente lors de l’inauguration, « mais peu importe, on est là pour revendiquer ! » poursuit-elle.

 

De l’autre côté de la grille, après être passé devant une belle ribambelle de CRS, le fameux « Salon du livre », côtoie celui du « golf » ou de « l’étudiant » ! Une file d’attente d’amoureux de littérature inimaginable s’est formée. Il est 16h et ça ne désemplit pas. Le portique électronique avec, en supplément, la fouille, et oui la sécurité est multiplié pour cette année.

 

A peine entré, au détour d’une allée, Charles Aznavour, dédicace son livre, séparé par Catherine Reims, de Rachid Taha. Pas mal pour les premiers pas ! Alors plein de bonnes initiatives nous allons à la rencontre de Rachid Taha (seul, aucun client, ni même fan), qui s’est fait chipé la vedette par Aznavour. Nous nous présentons et posons notre question sur le boycottage, son avis de rockeur et rebelle nous intéresse, il nous répond brièvement : «ce serait trop long pour y répondre ». Taha ne peut rien faire à l’accoutumer. « Et puis, j’y répondrai bien, mais pas à toi ! » conclut-il. Ambiance sympathique ! Un peu plus loin, c’est Marc Lévy qui s’y colle, avec plus de simplicité et pourtant beaucoup plus de notoriété, « Je pense que c’est complètement crétin de faire des actions comme sa ! » avant de demander de « remplacer les politiques idiots par des plus intelligents ! ». Lévy n’a qu’un message à faire passer que « le livre c’est tout, sauf la politique ! ». Quelques allées parallèles plus tard, pendant que la star planétaire Anna Gavaldas signe son dernier ouvrage, Michel Barnier (ministre de l’agriculture) est de passage. Il nous interpelle, lui qui n’a que des mauvais souvenirs des bains de foule (salon de l’agriculture notamment), est venu incognito. « Alors les gars ? Vous faites quoi ? Le salon vous plait ? », nous lui répondons positivement avec un large sourire, en ajoutant « Et vous, vous ne craignez pas le remaniement prévu pour l’après municipales ? ». Etonné de la repartie (sans se vanter), il se dit « très décontracté » car il n’est pas candidat mais « soutient la totalité de ses collègues ». Il faudrait aussi soutenir le chef ! Passons, nous avions promis de ne pas évoquer la politique !

 

Dans les alentours, Joseph Mace Scaron (directeur de la publication de MARIANNE), présente son émission sur France Culture en direct du salon. Une jeune poète lit ses textes pleins d’amours. Azouz Begag est partit plus tôt que prévu et Faïza Guène  se promène ici et là ! Cette année, le salon est toujours aussi surprenant avec ses milliers de lettres, de papiers, de textes, de livres, de poèmes, de romans, de polar mais… le boycott en plus ! 

 

                                                                                                                      Mehdi MEKLAT et Badroudine SAID ABDALLAH

 

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