Un, deux puis trois césars pour Amalric !

Publié le par Mehdi MEKLAT

 

 

 

INTERVIEW*-CINEMA Un bouquin à la main, il commande un café et s’installe. Prêt à se confier, il nous déclare « C’est plus sympa qu’avec un vrai journaliste ! ». Juste le temps d’une griller une et Amalric se prête au jeu. Le « futur méchant » de 007 à une carrière qui s’envole, notamment à Hollywood. Il est élu "meilleur acteur" pour "Le Scaphandre et le Papillon" aux Césars 2008. Il nous reçoit dans de son quartier. Interview.

 


Pouvez vous, nous parler de vos débuts au cinéma ?amalric.jpg

Enfant, mon père était journaliste au « Monde »,  donc nous voyagions très souvent. A Moscou, où nous avions élu résidence pour une courte période, il avait un ami réalisateur géorgien, Otar Iosseliani, qui ne prenait pour ses films jamais d’acteurs professionnels, simplement des amis proches. Moi, j’avais le bac mais je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire. Un mois de Février, Otar me propose de faire un de ses films, « Les favoris de la lune ». Arrivait sur le plateau, j’ai était renversé, passionné, mais pas par le métier d’acteur, c’était celui de réalisateur qui m’intéressait, j’avais trouvé ma voie ! (photo : associationmanuelazana.org)

 

Vous vous êtes donc lancé dans la réalisation ?

J’ai fait un court métrage avec d’autres étudiants, malheureusement c’était vraiment nul, en plus j’étais  endetté sur deux ans ! Je me suis alors promis de mieux faire sur le prochain, mais c’est à ce moment là que je deviens stagiaire sur plusieurs films. Jamais je n’ai voulu devenir comédien, jamais je n’ai voulu avoir une carrière à Hollywood, j’étais trop timide pour cela.

 

Que se passe t-il entre l’Amalric stagiaire et le grand comédien ?

A 30 ans, Arnaud Desplechin me prend comme acteur pour « Comment je me suis disputé », alors que je n’avais aucune expérience. Cette vie de comédien est un énorme gag pour moi ! Mais c’est l’histoire du cinéma, avec un petit côté Cendrillon.

 

Votre filmographie est très chargée et très diversifiée …

Ce que j’aime, c’est de faire des films super différents. Par exemple, en ce moment, je finis un autre film d’Arnaud Desplechin mardi à 17h, puis je prends un train pour Deauville où je débute un film sur Jacques Mesrine. En une nuit, je passe à un film d’action. Si quelque chose ne m’amuse pas, je ne le fais pas !

 

Votre carrière a aussi rencontré deux césars…

En effet, ils sont posés sur ma cheminée, ils me servent de bougeoirs et comme par hasard les seules fois  où j’ai reçu mes deux césars, c’était pour des films d’Arnaud Desplechin et j’étais vraiment très content pour lui. 

 

amalric-2.jpgPouvez vous nous parler du film « Le scaphandre et le papillon », dont vous êtes l’acteur principal et qui a fait sensation ?

Ce n’est pas une fiction, c’est une histoire vraie et c’est l’adaptation d’un livre de 110 pages. Un rédacteur en chef, Jean Dominique Bauby, est resté paralysé pendant plusieurs années, ne pouvant bouger qu’un seul œil. Il a tout de même réussit à écrire ce livre. (photo : fichesducinema.com)

 


Comment s’est déroulé le tournage ?

Le réalisateur, Julian Schnabel, a voulu tourner dans l’hôpital où Jean Dominique Bauby a passé plus d’un an et demi, mais il voulait aussi des acteurs et des techniciens français. Pour interpréter le rôle je devais réaliser une expérience très physique.

 

Propos recueillis par Mehdi MEKLAT

                                                                                                  

* Interview réalisé avant la cérémonie des Césars 2008 où Mathieu Amalric est récompensé pour son rôle dans « Le scaphandre et le Papillon » de Julian Schnabel, en tant que « Meilleur acteur ».

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